34 ARRÊT MAGYAR KÉTFARKÚ KUTYA PÁRT c. HONGRIE no 12/2014, qui s’appliquent aux procédures électorales comme aux référendums, et où elle a précisé que, compte tenu des derni��res évolutions techniques, les électeurs ne doivent pas sortir les bulletins de vote hors du bureau de vote, même sous la forme dématérialisée d’un enregistrement. Il considère donc que les électeurs ne doivent pas créer d’enregistrement des bulletins de vote. Cette interprétation du cadre juridique en vigueur aurait été à la fois accessible et prévisible pour le MKKP. 78. Le Gouvernement soutient également que la restriction litigieuse visait des buts légitimes : elle aurait été nécessaire dans une société démocratique pour la protection de l’intérêt public résidant dans le bon déroulement de la procédure électorale (y compris la campagne précédant le scrutin) et l’utilisation « normale » des bulletins de vote. Ces buts relèveraient de la protection des droits d’autrui, dont feraient partie le droit au secret du vote, le droit à un processus électoral équitable et le droit au bon fonctionnement des institutions démocratiques. Ils protégeraient la libre expression des opinions politiques des électeurs en mettant ceux-ci à l’abri de la coercition. 79. Le Gouvernement argue que l’obligation qui découle du principe de « l’exercice des droits conformément à leur but » posé à l’article 2 § 1 e) de la loi sur la procédure électorale correspond à l’interdiction de l’abus de droit et procède de celle qu’a l’État de protéger les institutions démocratiques afin d’assurer la « défense de l’ordre » et la « protection des droits d’autrui ». Ce principe garantirait également l’état de droit et la sécurité juridique. 80. En ce qui concerne la nécessité de l’ingérence dans une société démocratique, le Gouvernement argue que la réaction au phénomène qui consiste à prendre des photographies de bulletins de vote varie en fonction de l’histoire et des traditions juridiques et culturelles de chaque société. Selon lui, l’absence de consensus européen sur la question milite en faveur d’une ample marge d’appréciation des États membres dans ce domaine et implique que les autorités internes sont les mieux placées pour répondre aux besoins de la société à cet égard. 81. Le Gouvernement soutient que l’interdiction de sortir des bureaux de vote les bulletins de vote eux-mêmes ou une forme dématérialisée de ces bulletins répond à un besoin social impérieux. Il argue tout d’abord que l’interdiction générale de photographier les bulletins de vote est nécessaire pour prévenir l’achat de voix. Il ne dit pas que ce problème se pose en l’espèce, mais il indique que ce type de fraude électorale a déjà eu lieu par le passé, sous la forme de vote en chaîne. De plus, il estime que l’utilisation d’applications mobiles risque de saper la confiance du public dans le fonctionnement des organes électoraux et dans les résultats officiels, et que de cette manière aussi, elle nuit à l’équité du processus électoral. Il affirme à cet égard que les applications qui traitent des données relatives aux suffrages exprimés sans respecter les normes strictes de sécurité des

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