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ARRÊT MAGYAR KÉTFARKÚ KUTYA PÁRT c. HONGRIE
Grande Chambre en vertu de l’article 43 de la Convention. Le 28 mai 2018,
le collège de la Grande Chambre a fait droit à cette demande.
4. La composition de la Grande Chambre a été arrêtée conformément
aux articles 26 §§ 4 et 5 de la Convention et 24 du règlement.
5. Le MKKP et le Gouvernement ont chacun soumis des observations
écrites complémentaires (article 59 § 1 du règlement) sur le fond de
l’affaire.
6. Une audience s’est déroulée en public au Palais des Droits de
l’Homme, à Strasbourg, le 21 novembre 2018.
Ont comparu :
– pour le Gouvernement défendeur
M. Z. TALLÓDI,
Mme M. WELLER,
agent,
co-agente ;
– pour le MKKP
MM.Cs. TORDAI,
T. FAZEKAS,
B. T. TÓTH,
Mme D. G. SZABÓ,
conseils,
conseillère.
La Cour a entendu MM. Tallódi, Fazekas et Tóth en leurs déclarations
ainsi qu’en leurs réponses aux questions posées par les juges.
EN FAIT
7. Le MKKP est un parti politique hongrois. Aux élections législatives
de 2018, il obtint 1,73 % des suffrages exprimés au niveau national (soit
99 410 voix), et n’atteignit donc pas le seuil légal de représentation
parlementaire. De plus, aucun de ses candidats ne fut élu au niveau des
circonscriptions. Le mode d’expression du MKKP est largement satirique :
le parti tourne en dérision l’élite politique et les politiques
gouvernementales, sur son site internet, qui abonde en contenus comiques,
et dans le cadre de « campagnes » en faveur de causes manifestement
absurdes, d’œuvres de street art et de performances de rue.
8. En 2006, le parti présenta sa candidature aux élections législatives,
avec un programme de campagne qui promettait, notamment, la vie
éternelle, des bières gratuites, moins de gravitation et deux couchers de
soleil par jour. La même année, il fit campagne pour la mairie de Budapest
en s’appuyant sur des slogans tels que « Plus de tout, moins de rien ! »,
« Vie éternelle, bières gratuites et réductions d’impôts ! » ou encore « On
promet tout et n’importe quoi ! »