2. Le renforcement des capacités des juridictions constitutionnelles Certaines juridictions constitutionnelles souffrent, à tort ou à raison, d’un déficit de confiance de la part des acteurs politiques, notamment des partis et des candidats de l’opposition. Il est important de renforcer leur crédit et de les rendre aptes à assumer leur responsabilité par une définition stricte et rigoureuse de leur organisation et de leur fonctionnement. Du point de vue de la bonne organisation des juridictions constitutionnelles, les conditions de leur crédibilité commencent par le mode de nomination, mais aussi le profil de leurs membres, qui doivent garantir leur indépendance et surtout leur neutralité. Les juridictions dont les membres sont choisis par le seul président de la République font l’objet d’une méfiance de la part des acteurs politiques. En revanche, celles dont les membres sont choisis par différentes autorités (président de la République, président de l’Assemblée nationale, président du Sénat), sont généralement mieux considérées. Il est donc préférable de structurer et de configurer ces juridictions de façon à donner des gages de leur indépendance. Le profil des membres de ces juridictions constitutionnelles est aussi de nature à soulever la question de leur efficience. Certaines sont en effet composées, pour l’essentiel, de magistrats de l’ordre judiciaire bien que le contentieux constitutionnel ait ses spécificités. Alors que la contestation de ces juridictions porte souvent sur leur indépendance et l’intégrité de leurs membres, on peut se deman28 der si leur formation n’est pas une autre raison, peut-être même plus importante, de la qualité parfois discutable de leurs décisions. En effet, au-delà des conditions de nomination, le choix des juges constitutionnels pose un problème de critère. À défaut d’avoir des personnalités ayant le profil requis au départ, il est indispensable de procéder à des séances régulières de formation et d’échange d’informations entre les membres des juridictions constitutionnelles. Le problème se posant de la même manière presque dans tous les pays en transition, le droit comparé devient, de ce fait, une source du droit électoral. Ces échanges sont l’occasion de renforcer les capacités des juges après une évaluation de leurs pouvoirs, de leurs méthodes et de leurs techniques d’intervention en matière électorale. Les différents réseaux de juridictions constitutionnelles constituent un cadre idéal à cet effet. En ce qui concerne leur fonctionnement, la question est de déterminer quelles sont les personnes habilitées à saisir ces juridictions constitutionnelles. Dans certains cas, il s’agit seulement des candidats alors que, dans d’autres, tout électeur a qualité et intérêt à agir pour introduire un recours auprès d’elles pour contester les résultats des élections. Si on considère que l’élection est un contentieux de pleine juridiction, un recours ne doit être possible que pour les personnes dont les droits ont été lésés. De ce point de vue, seuls les candidats seraient autorisés à introduire un recours contre les décisions rendues par les juridictions constitutionnelles.

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