B. UNE GESTION CONCERTÉE
DU FICHIER ÉLECTORAL
Le fichier électoral est l’un des enjeux les
plus importants du processus électoral. Il
fait souvent l’objet de contestations avant
même la fixation de la date des élections
ou leur organisation matérielle. De ce fait,
du consensus réalisé ou non à son sujet
dépendent en grande partie la réussite de
l’organisation des élections et l’acceptation des résultats du scrutin.
Le règlement des problèmes soulevés
au sujet du fichier électoral est donc un
préalable à l’organisation d’élections libres,
fiables et transparentes, en particulier dans
des pays en transition ou en situation de
sortie de crise. Ces problèmes sont généralement de deux ordres : la fiabilité et
la sécurisation du fichier. Ils surviennent
lorsque la qualité d’électeur peut être
reconnue ou contestée au citoyen. Quand
elle lui est reconnue, celui-ci peut tout de
même rencontrer des difficultés à exercer
son droit de vote en raison des mauvaises
conditions de l’organisation du contentieux
de l’inscription sur les listes électorales.
Seule une approche participative peut
garantir la fiabilité du fichier électoral et
sa sécurisation, et, enfin, aboutir à une
gestion optimale des difficultés auxquelles
le citoyen est confronté dans l’exercice de
son droit de vote.
1. La fiabilité du fichier électoral
Dans les pays où les institutions administratives et judiciaires fonctionnent dans
des conditions particulièrement difficiles et
où la majorité de la population n’est pas
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encore très familière avec leur fonctionnement, l’inscription sur les listes électorales
rencontre de sérieux problèmes, et nous en
retiendrons deux parmi les plus importants.
Le premier concerne l’état civil. La fiabilité du fichier électoral dépend, en effet, en
large partie de l’état des déclarations des
naissances et des décès. Quand l’état civil
n’est pas à jour, il est difficile de vérifier
la correspondance entre les inscrits sur le
fichier électoral et les citoyens enregistrés.
Sur ce point, la solution consiste à obtenir un consensus de la part des acteurs,
notamment des candidats aux différentes
élections, tout d’abord, sur un effort de
mise à jour progressive de l’état civil et
du fichier électoral et, ensuite, sur l’adoption d’un fichier électoral biométrique sur
la base des données disponibles. L’État
peut solliciter l’assistance technique ou
financière de partenaires pour la mise au
point de l’état civil et du fichier électoral.
Les élections sont alors organisées à partir
d’un accord entre les parties concernées,
avec l’adoption d’une mesure d’accompagnement consistant à réviser périodiquement le fichier.
L’adoption d’un fichier électoral biométrique, en raison des garanties qu’il
présente, devrait constituer aujourd’hui la
règle en la matière. Il pose naturellement un
problème de coût, mais ses avantages sont
nettement supérieurs aux inconvénients
d’un fichier manuel. Un ensemble d’outils
est disponible à l’intention des pays en
transition politique pour se doter d’un tel
fichier, notamment le Guide pratique pour
la consolidation de l’état civil, des listes
électorales et la protection des données