des élections. Cependant, les mesures à
mettre en œuvre soulèvent des difficultés
techniques et juridiques dont la résolution
est à rechercher nécessairement dans la
concertation. Elles deviennent, de ce fait,
un enjeu politique.
Ainsi, il importe, d’une part, d’élaborer un cadre permanent de concertation
politique, et, d’autre part, de lui fixer une
mission essentielle, notamment en matière
d’identification des sources potentielles de
conflits et des solutions pour y remédier.
1. La mise en place d’un cadre de
concertation politique
Le cadre de concertation peut être créé
sans formalisme, ou être le fait d’un texte
important dans la hiérarchie des normes,
comme la Constitution ou le code électoral.
Son organisation interne et son fonctionnement peuvent faire l’objet d’un règlement
intérieur.
Quelles que soient les modalités de sa
création, ce cadre de concertation doit
servir de plate-forme et de forum pour
un dialogue politique entre les différents
acteurs du processus électoral. C’est,
en effet, le manque de concertation qui
explique une bonne partie des dysfonctionnements qui entachent l’organisation
des élections.
L’intérêt de ce cadre est donc de bâtir
un consensus autour des problèmes politiques et d’anticiper les difficultés. Pour ce
faire, sa composition doit être le reflet des
différentes composantes du paysage politique national, mais aussi associer le plus
grand nombre possible d’acteurs des élec12
tions (représentants de l’administration,
des OGE, de la société civile, des partis
politiques, des partenaires internationaux,
etc.).
2. L’identification des sources
potentielles de conflits
La liste des questions pouvant faire l’objet de contestations dans le cadre d’un
contentieux électoral paraît difficile à établir
a priori. À partir de revendications généralement soulevées, le juge peut considérer
celles qui sont pertinentes et celles qui
ne le sont pas. Certaines sont strictement
techniques et juridiques, alors que d’autres
ont un aspect purement juridique. Mais
toutes finissent par revêtir un caractère
politique du fait de l’exploitation qui en est
faite et du traitement qui leur est réservé.
La solution proposée est alors forcément
l’amorce d’un dialogue politique.
L’intérêt de ce dialogue politique est de
parvenir à des solutions consensuelles
sur les problèmes identifiés. Le pouvoir
exécutif – à travers ses actes réglementaires – et le pouvoir législatif – à travers la
loi – sont les deux autorités qui prennent
généralement des actes juridiques unilatéraux qui sont souvent l’expression d’une
compétence liée, mais aussi, parfois, d’un
pouvoir discrétionnaire. Mais leurs décisions ouvrent régulièrement la voie à des
contestations, plus ou moins fondées.
Pour éviter que le pouvoir discrétionnaire dont bénéficient ces autorités ne se
transforme en pouvoir arbitraire, il convient
de mener une large concertation entre
les acteurs concernés pour dégager des
solutions consensuelles d’anticipation de