1. Le besoin d’une définition des règles applicables La multiplicité des règles applicables aux élections fait qu’elles peuvent générer parfois des contradictions entre elles, laisser apparaître des lacunes comme des vides juridiques ou des ambiguïtés. Il se pose alors le problème de leur cohérence et de leur applicabilité. Trois hypothèses au moins peuvent se présenter. Dans un premier cas de figure, sur le plan national, des lois d’application de la Constitution ou des actes administratifs de mise en œuvre des lois peuvent aboutir à des lois de circonstance ou de complaisance et à des actes arbitraires ne reposant sur aucun fondement juridique. Il en est ainsi des conditions de l’éligibilité avec des lois d’exclusion fondées sur la nationalité ou l’âge. Le droit à l’éligibilité, tout comme l’acquisition de la qualité d’électeur, est un droit fondamental. Il faut veiller à son effectivité et à sa garantie. Malheureusement, ces lois sont souvent votées soit pour favoriser une candidature, soit pour en contrarier une autre. Les exemples foisonnent. Il en est de même des actes de nomination de membres de différentes commissions, comme celle de distribution des cartes d’électeur. La composition des commissions électorales est toujours un moment critique dans le processus électoral, surtout quand les partis politiques y sont représentés. La deuxième hypothèse correspond à la situation où les lois votées par l’Assemblée nationale sont considérées comme non conformes aux conventions internationales pourtant ratifiées par le pays. C’est le cas lorsque le dispositif législatif ou réglementaire est modifié à quelques semaines du scrutin alors que des conventions internationales exigent la stabilité du cadre normatif. L’expérience révèle que des modifications intempestives du code électoral interviennent parfois dans l’urgence, rarement pour faire face à de réels problèmes, mais, la plupart du temps, pour manipuler les règles applicables. Ces modifications produisent un effet pervers sur l’ordonnancement juridique, mais aussi sur la crédibilité du scrutin. Enfin, les accords politiques, dont la nature et la valeur sont souvent hybrides, ne font pas toujours l’objet d’une insertion dans l’ordonnancement juridique national. Cette situation a conduit à des blocages de l’ensemble du processus dans certains pays. Cette insertion est donc une opération souvent négligée alors qu’elle est absolument nécessaire. Mais, en réalité, le premier problème que posent ces accords est la remise en cause de leur contenu par une partie de la classe politique après leur conclusion. Se pose alors la question de savoir s’ils sont encore et toujours applicables. Ainsi, l’incertitude juridique qui caractérise leur place dans la hiérarchie des normes fait qu’ils sont évoqués dans le sens de leur application ou de leur exclusion selon les circonstances. Une harmonisation du cadre normatif des élections s’impose pour l’organisation de celles-ci sans contestation a posteriori. Elle passe nécessairement par une définition claire des règles applicables. Cela suppose aussi un consensus à bâtir sur le droit positif régissant les élections. 17

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