2. La lecture commune des textes applicables Le consensus peut être obtenu par une lecture commune des textes applicables à l’élection en question par tous les acteurs impliqués. Cette lecture commune peut se faire à travers le prolongement des travaux du cadre permanent de concertation politique. Mais l’idéal est que les OGE organisent des séminaires et ateliers techniques animés ou facilités par des experts indépendants censés être neutres. Des partenaires internationaux à l’instar de l’OIF ont déjà développé une expertise reconnue en la matière. À cette occasion, les contradictions, les lacunes et les ambiguïtés des textes sont mises en lumière et résolues dans un esprit positif et constructif, sans que la bonne foi des auteurs de ces textes soit mise en cause. Ces ateliers sont généralement l’occasion pour les différents organes intervenant dans le processus électoral de développer des relations de travail et d’apprendre à construire une synergie en vue de dégager des convergences sur les points litigieux. 3. L’ouverture d’un contentieux de l’interprétation des dispositions litigieuses Si les contestations soulevées, à tort ou à raison, avant le scrutin ne sont pas tranchées, elles risquent soit d’empêcher la tenue de l’élection, soit de jeter le discrédit sur les résultats qui seront proclamés. Afin d’éviter ces deux situations, il est primordial de désamorcer les tensions en amont pour permettre un déroulement normal du processus. 18 La résolution de ces contestations peut passer par la création d’un contentieux de l’interprétation qui sera confié à l’organe chargé de proclamer les résultats définitifs, en l’occurrence la juridiction constitutionnelle. Contrairement à une idée reçue, les juridictions constitutionnelles compétentes pour proclamer les résultats définitifs des élections ne sont pas toutes juridiquement habilitées à interpréter les dispositions du code électoral par voie d’action directe. Elles ne le font dans certains cas que par voie incidente, à travers des recours dont elles sont saisies. Le renforcement de la compétence consultative des juridictions constitutionnelles est donc une piste à explorer pour la prévention des conflits en matière électorale. Il convient ainsi de créer un contentieux de l’interprétation par voie d’action directe. L’avantage de cette solution est double. D’une part, elle confie l’interprétation des textes à la juridiction compétente en dernier ressort en matière de proclamation des résultats définitifs. Cette compétence réduit ainsi les possibilités de contrariété avec des décisions prises par d’autres instances dans la mesure où c’est la même instance qui tranche les questions préalables et proclamera plus tard les résultats définitifs. D’autre part, en attribuant un caractère obligatoire aux avis rendus par la juridiction constitutionnelle, on se donne les moyens de continuer le processus électoral sans risque de revenir sur les décisions déjà prises en application des avis de la juridiction constitutionnelle.

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