spécifiques au contentieux constitutionnel. Certains sont plus ou moins connus, alors que d’autres ont du mal à s’imposer en droit positif et dans l’espace politique. Il en est ainsi du maintien des résultats contestés lorsque la différence de voix entre les deux candidats est importante et de la distinction entre la régularité et la sincérité du scrutin. Deux principales raisons expliquent cet état de fait. Tout d’abord, ces principes généraux du droit apparaissent comme étant des inventions ex nihilo du juge. Les non-initiés ont du mal à comprendre la possibilité, et même parfois l’obligation, pour le juge de créer des principes généraux du droit pour interpréter la loi ou pour compenser ses lacunes. Ensuite, pour de nombreux acteurs politiques, le juge des élections applique ces principes de façon fantaisiste. Les variations de jurisprudence sont ainsi exploitées par les candidats malheureux pour jeter le discrédit sur les résultats. Pour éviter ce discrédit, le juge des élections devrait, dans un contexte de sortie de crise, privilégier la méthode d’interprétation téléologique consistant à prendre en considération le but en vue duquel la règle à interpréter a été posée. La finalité des élections de fin de transition étant essentiellement la restauration de la paix, le juge pourra, de ce fait, donner corps à cet idéal. Il appartient alors à la juridiction constitutionnelle de jouer un rôle pédagogique par une motivation détaillée de ses décisions et par une explication. Ainsi, le juge doit éviter une approche tendant à faire l’économie des moyens et examiner tous ceux 30 qui sont exposés par le requérant. Il doit même user de ses pouvoirs pour soulever d’office un certain nombre d’autres moyens. En plus de la motivation détaillée de ses décisions, le juge constitutionnel doit aussi développer une stratégie de communication en direction des candidats et des partis politiques, mais aussi de la société civile, de la presse et des animateurs des réseaux sociaux. Il s’agit d’expliquer le sens et la portée de ses décisions par des communiqués ou des points de presse. Cette stratégie de communication, qui tend à moderniser le fonctionnement des juridictions constitutionnelles, est de nature à compenser l’obligation de réserve, souvent mal interprétée, qui pèse si lourdement sur les juges constitutionnels et à favoriser l’adhésion des acteurs politiques à ses décisions. 2. L’homologation du processus démocratique L’essence de l’élection, malgré les difficultés qui peuvent émailler son déroulement, reste le fondement de la légitimité démocratique. Cependant, dans les pays en transition démocratique ou en sortie de crise, la notion et le concept de démocratie connaissent des apories. L’élection permet non seulement de réaliser un accord ou un consensus sur les valeurs, les institutions et la pratique démocratiques, mais aussi de replacer le citoyen au cœur du processus démocratique. En proclamant les résultats définitifs de l’élection, le juge constitutionnel doit donc prendre en compte l’exigence fondamentale de respecter la volonté de l’électeur. C’est de cette seule façon qu’il

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